CORRUPTION de Don WINSLOW – critique

4ème de couverture :

QUAND TOUT LE SYSTÈME EST POURRI

AUTANT JOUER SELON SES PROPRES RÈGLES 

Denny Malone est le roi de Manhattan North, le leader charismatique de La  Force, une unité d’élite qui fait la loi dans les rues de New York et n’hésite pas à se salir les mains pour combattre les gangs, les dealers et les trafiquants d’armes. Après dix-huit années de service, il est respecté et admiré de tous. Mais le jour où, après une descente, Malone et sa garde rapprochée planquent pour des millions de dollars de drogue, la ligne jaune est franchie.

Le FBI le rattrape et va tout mettre en œuvre pour le force à dénoncer ses coéquipiers. Dans le même temps, il devient une cible pour les mafieux et les politiques corrompus. Seulement, Malone connaît tous leurs secrets.

Et tous, il peut les faire tomber…

Quand on s’intéresse au roman noir et/ou au polar, le nom de Don Winslow revient forcément régulièrement dans les conversations : La Griffe du Chien, Cartel, Savages (adapté au cinéma par Oliver Stone)… 

Pas mal d’oeuvres dont les critiques ont vanté les qualités et qui plaçaient Winslow dans la catégorie tant courue de « meilleur auteur de polar US » aux cotés d’un James Ellroy, d’un Dennis Lehane ou d’un Michael Connelly mais c’est finalement par l’entremise de Corruption, paru en fin d’année dernière en poche, que j’ai fait connaissance avec Winslow. 

Bien sûr, il y avait dans le résumé de Corruption plein de mots-clés qui m’ont excité le cortex : quand je vois sur la couverture d’un polar des mots tels que « New York », « flics », « ripou » ou encore « mafia », ma carte bleue s’excite. Presque autant que moi.

Après 560 pages aussi serrées qu’un espresso, le verdict est sans appel : claque. Grosse claque.

Dire que je regrette d’avoir attendu si longtemps serait un euphémisme. Savoir que j’ai encore plein de livres de Winslow à découvrir me ravit au plus haut point.

Si l’on connaît les ingrédients balancés par Don Winslow au sein de son récit, tant par les différentes lectures que l’on a pu avoir (Ellroy bien entendu) que par les film et/ou séries que l’on a pu visionner (The Shield, Le Prince de New York du regretté Sidney Lumet), la force de Corruption réside dans la manière dont il les agence, afin de créer un récit imparable et haletant, impossible à lâcher.

En nous amenant à suivre une équipe de flics new-yorkais membres d’une unité d’élite « régnant » sur Manhattan North et pour qui la frontière entre le Bien et le Mal n’a rien d’une ligne bien nette, Don Winslow nous offre la peinture radicale et pleine de soufre d’un monde où rien n’est tout blanc ou tout noir. 

On la connaît cette formule, il s’agit de dire qu’il y a du gris entre les deux. Soit.

Mais là où Winslow excelle, nous interpelle et nous fait suffoquer, c’est dans la description de ce gris, de ces gris. Parce que le gris, chez Winslow, il a plusieurs teintes, correspondant à toutes les manières dont on peut, en étant un flic guidé par une mission, franchir la ligne jaune. 

Protéger sa famille, vouloir le mieux pour ses enfants, empêcher qu’un quartier ou qu’une ville ne s’embrase… Pour tout ça, il faut parfois se dire qu’avant la loi, il y a la justice. Et la justice, c’est ne pas accepter que ce soient toujours les même (les gangsters, les politiciens, les entrepreneurs) qui croquent : alors, on passe de l’autre côté. 

Jusqu’à ne plus savoir comment revenir. Jusqu’à ne plus vouloir revenir. 

Parce que la rédemption est impossible et que, comme toute tragédie qui se respecte et dont Winslow connaît les codes, ça ne peut que se finir mal : entre trahisons, fusillades, coups fourrés, magouilles avec les fédéraux et les mafieux, c’est le danger qui se cache à chaque coin de rue, à chaque conversation, derrière chaque porte. Parce qu’un micro vous détruire l’âme ou vous tuer aussi vite qu’une rafale de fusil à pompe.

Bref, plongez avec Denny Mahone dans les tréfonds de New York laissez vous embarquer par l’écriture rugueuse, ultra-documentée et addictive de Don Winslow : un polar de cette trempe, qui sent le whisky, la sueur et la peur, vous n’en aurez pas toutes les semaines un entre les mains.

Corruption de Don Winslow. Éditions Harper Collins, 592 pages. Paru en poche le 16 octobre 2019.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions Harper Collins.

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