INCENDIE NOCTURNE de Michael CONNELLY – critique

4ème de couverture

Renée Ballard et Harry Bosch à l’épreuve du feu
 
 À ses débuts, Bosch a eu un certain John Jack Thompson comme mentor. Un homme qui lui a appris à toujours prendre une affaire personnellement et à déployer tous ses efforts pour la résoudre. À la mort de Thompson, sa veuve confie à Bosch un dossier volé par son mari aux scellés avant sa retraite. Il s’agit d’une affaire non résolue  : un jeune homme abattu dans une ruelle coupe-gorge de Los Angeles des années plus tôt.
Bosch demande l’aide de Renée Ballard, déjà fort occupée au quart de nuit à Hollywood après qu’un sans-abri a été retrouvé calciné dans sa tente. Ensemble, ils en arrivent bientôt à se poser une terrible question  : le mentor de Bosch a-t-il dérobé ce dossier pour tenter de résoudre l’affaire après son départ de la police… ou pour s’assurer que la vérité ne soit jamais faite sur ce meurtre  ?

Voilà déjà le nouveau Connelly, à peine plus de six mois après la sortie de Nuit sombre et sacrée. Attendu ? Et comment ! Avec une petite appréhension quand même ? Oui, je vais être honnête. Les derniers ouvrages de l’auteur du Poète ont tendance à souffler le chaud et le froid et peinent à retrouver le souffle et l’intensité de ceux parus dans les années 90/2000 : s’il reste un tisseur d’intrigue(s) toujours redoutable, l’évolution de son style d’écriture vers quelque chose de plus factuel m’a parfois laissé sur le côté, en manque de chaleur, d’émotions… 

Comme je le dis souvent, c’est en me tournant vers la série télévisée Bosch, diffusée sur Amazon Prime et dont la dernière saison est prévue pour 2021, que je retrouve le Connelly que j’aime depuis tant de d’années. 

Mais bon, trêves de bavardages, qu’en est-il d’Incendie Nocturne ?

Bien (bien) mieux que le précédent pour faire simple. 

Si on pourra regretter que Michael Connelly semble avoir pris le pli de ne plus vouloir dérouler une seule enquête par livre au profit de plusieurs fils narratifs, Incendie Nocturne se révèle solide et prenant de bout en bout. 

Bien entendu, on trouvera forcément une histoire qui nous touchera plus et dont on attendra le dénouement plus fébrilement que pour les autres mais ce serait être de mauvaise foi que de ne pas reconnaître la maîtrise certaine de Connelly dans la gestion de ses multiples intrigues. Ça file tout seul, ça rebondit quand il faut sans jamais chercher LE rebondissement qui tue et ça donne toujours aux personnages des moments pour se révéler et avancer.

Certes, les habitués de polars et/ou thrillers bien rentre-dedans ou montés sur 220V tels certains gros morceaux signés Ghislain Gilberti, Antoine Renand ou encore Patrick Bauwen (deux de mes récents coups de coeur, ici et ici) pourront trouver ce nouvel opus signé Connelly sans surprise voire même un peu « plat »… il n’en est pourtant rien tant le plaisir de lire un polar bien charpenté, un peu mid-tempo, documenté et qui sonne vrai à chacune de ses pages n’a pas de prix. 

Niveau émotion, les fidèles lecteurs de l’auteur de Deuil Interdit seront là aussi gâtés : l’évolution du personnage d’Harry Bosch arrive, on le sent, à un point assez crucial et c’est avec une boule au ventre qu’on constate que ce héros de papier, tout autant motivé qu’il soit dans sa quête de justice, vieillit. Tout simplement. 

Depuis Les Égouts de Los Angeles jusqu’à cet Incendie Nocturne, on l’aura accompagné dans ses enquêtes complexes et dangereuses et le voir foncer, malgré son genou en vrac et son souffle court, pour réparer les erreurs du passé a un côté extrêmement touchant. Le tandem qu’il forme avec Renée Ballard fonctionne de mieux en mieux et la personnalité de la jeune femme se dessine petit à petit, laissant transparaître des fêlures et des blessures dont on attend avec une certaine impatience les développements futurs. 

Et puis, petite cerise sur le gâteau en attendant The Law of Innocence prévu pour la fin de l’année et où il sera la protagoniste principal, c’est toujours bon de passer quelques pages avec ce bon vieux Mickey Haller, avocat aussi cool que coriace. 

Noir, prenant et narré avec un talent qui laisse encore une fois admiratif, Incendie Nocturne est un bon cru signé Michael Connelly : ce dernier continue à dépeindre les défaillances et les injustices d’une société américaine avec justesse, tout en n’oubliant jamais ceux qui en sont victimes et les héros du quotidien qui les combattent.

Incendie nocturne de Michael Connelly. Éditions Calmann-Lévy. Paru le 14 octobre 2020.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions Calmann-Lévy.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Site Web créé avec WordPress.com.

Retour en haut ↑

Créez votre site Web avec WordPress.com
Commencer
%d blogueurs aiment cette page :