HUIT CRIMES PARFAITS de Peter SWANSON – critique

4ème de couverture

Libraire spécialisé en roman policier, Malcolm Kershaw reçoit la visite surprise du FBI. L’agent Gwen Mulvey enquête sur deux affaires étranges : une série de meurtres qui rappelle un roman d’Agatha Christie, et un accident qui fait écho à un livre de James Cain. Elle espère donc que l’avis d’un expert du genre lui permettra d’interpréter correctement les (rares) indices à sa disposition. Et ce n’est pas tout : Malcolm, quinze ans plus tôt, a publié sur son blog une liste intitulée « Huit crimes parfaits », où figuraient ces deux intrigues. Serait-il possible qu’un tueur s’en inspire aujourd’hui ? Très vite, l’angoissante certitude s’impose : le tueur rôde déjà à proximité. Malcolm commence à le voir partout, et sent un véritable noeud coulant se resserrer autour de son cou.

Le programme s’annonçait gouleyant : avec son héros libraire spécialiste du roman policier, contacté par le FBI pour aider à résoudre des meurtres qui semblent s’inspirer de la liste des huit crimes parfaits qu’il avait autrefois rédigée pour un blog, on se plaisait à s’imaginer tourner frénétiquement les pages entre le thé de 16 heures et le bourbon de 19 heures (vous pouvez inverser, y’a pas de souci), tentant ici et là de décoder les indices et à 100% dans le délire « le crime ludique pour les nuls ».

Références aux grands noms de la littérature noire en bandoulière et à quelques-uns de leurs textes emblématiques, style qui à défaut d’être exceptionnel se révèle efficace, jeu de piste qui met nos méninges à l’épreuve… les premières pages laissent augurer du bon petit page-turner qui va nous occuper l’après-midi sans qu’on s’en rende compte.

Et puis, « tuuuuuuuut » (imitation d’un encéphalogramme – les fans d’Urgences ont la réf)… ça se met à stagner. Quelques petits shoots d’adrénaline viennent un peu nous réveiller mais le mal est fait : on s’ennuie. L’auteur a beau jouer la carte de la manipulation « acceptée », dans le sens où le lecteur sait qu’il ne faut pas toujours se fier à tout ce qu’un narrateur nous dit et que Swanson sait que le lecteur sait, le subterfuge apparaît surtout comme une manière de diluer une intrigue qui ronronne plutôt que comme un outil d’écriture réellement utile et pertinent.

Le final, ce fameux moment des grandes révélations, permet à Peter Swanson de réinsuffler un peu de peps à son intrigue mais on se permettra quand même de hausser un sourcil devant la psychologie plus que sommaire de certains personnages et de leurs motivations.
Et c’est là que tout le danger que représentait l’entreprise de faire un polar aussi référencé, aussi conscient des codes qu’il utilise, fait exploser le livre en plein vol : quand on veut, on va le dire simplement, faire son malin, il faut vraiment être sûr de son coup et offrir un dénouement qui scotche le lecteur à son siège.

En l’occurrence, c’est raté et Huit crimes parfaits, tout aussi sympathique qu’il est, n’entrera sûrement jamais dans la liste d’un blog sur les meilleurs polars…

Huit crimes parfaits de Peter Swanson. Éditions Gallmeister. Paru le 4 février 2021.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions Gallmeister.

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