SÉQUENCES MORTELLES de Michael CONNELLY – critique

4ème de couverture

L’illustre Jack McEvoy, maintenant journaliste au Fair Warning, un site Web de défense des consommateurs, a eu raison de bien des assassins. Jusqu’au jour où il est accusé de meurtre par deux inspecteurs du LAPD. Et leurs arguments ont du poids : il aurait tué une certaine Tina Portrero avec laquelle il a effectivement passé une nuit, et qu’il aurait harcelée en ligne. Malgré les interdictions de la police et de son propre patron, il enquête et découvre que d’autres femmes sont mortes de la même et parfaitement horrible façon : le cou brisé.

Le tueur, il le comprend aussi, choisit ses victimes à l’aide de leurs propres données génétiques. Trouver la séquence ADN qui le conduira à sa prochaine proie devient la priorité de Jack.

Mais déjà, le monstre est de nouveau prêt à frapper.

Michael Connelly a-t-il encore des choses à prouver ? Clairement, non.

Poids lourd mondial du polar, tisseur d’intrigue hors-pair et créateur de quelques personnages parmi les plus marquants de la littérature noire (Le Poète, Harry Bosch, Mickey Haller…), l’auteur du récent Incendie nocturne a depuis belle lurette gagné l’estime du public et de la profession. Chaque année pourtant, il remet en jeu son titre avec une, voire deux nouvelles parutions : mais contrairement à certains auteurs qui se reposent un peu trop facilement sur leurs acquis et semblent avoir enclenché depuis pas mal de temps le pilotage automatique (un certain Harlan C.), Connelly trouve toujours matière à étoffer ses personnages, à mettre en place des histoires retorses et intelligentes.

Et si d’aventure il est arrivé qu’un de ses romans soit un peu moins percutant (les années 2010 ne sont, selon moi, pas aussi solides que les précédentes), force est de reconnaître que jamais, je dis bien jamais, l’envie de reposer un de ses polars ne s’est faite ressentir : en gros, on ne peut pas toujours écrire des chefs-d’oeuvre, il y parfois un petit coup de mou mais un Connelly mineur vaudra souvent bien mieux que 80% de la production noire qu’on peut voir à côté.

Tout ça pour en venir à Séquences mortelles, son nouveau polar qui met en vedette Jack McEvoy, héros du Poète et de L’épouvantail… et, en quelques mots pour les plus pressés : c’est du très bon, un pur régal de la première à la dernière ligne. Intrigue superbement construite, pointant les dangers et les dérives des tests ADN, notamment ceux permettant aux particuliers de rechercher des ancêtres, ou des parents plus ou moins éloignés, moyennant finance. Oui mais, et c’est là tout le coeur du roman : qu’implique un test à seulement 23 dollars ? C’est pas cher certes, mais ce prix défiant toute concurrence implique que ces données puissent être revendues à d’autres entreprises ou centres de recherches…

Et si un tueur vient se greffer là-dessus, ciblant ses victimes selon leur séquence ADN, vous comprendrez que l’on tient là un point de départ on ne peut plus explosif et passionnant et dont Michael Connelly s’empare avec tout le talent qui est sien : documenté, pertinent, rigoureux et de plus en plus oppressant au fil que les chapitres alignent les révélations et/ou les cadavres, Séquences mortelles fait rugir le Connelly des grands jours. L’ancien journaliste sait mettre en scène les reporters, leurs sujets et il nous plonge avec un bonheur communicatif dans cette investigation tortueuse et complexe, véritable signal d’alarme face aux dérives technologiques de notre société et contre lesquelles se dressent encore des chevaliers investis d’une mission : quelques mois après le départ de la Maison Blanche d’un certain Donald Trump n’ayant que les mots « fake news » à la bouche, Michael Connelly redonne à lire les forces et les valeurs d’un Quatrième Pouvoir indispensable, et en pleine mutation.

Quand je lis un bouquin comme ça, j’ai envie de parler de Connelly pendant des heures, de conseiller à tout le monde de plonger dans son univers : c’est l’une des plus grandes plumes du polar américain, ce serait criminel de passer à côté !

Séquences mortelles de Michael Connelly. Éditions Calmann-Lévy. Paru le 10 mars 2021.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions Calmann-Lévy.

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