NORMAL PEOPLE de Sally ROONEY – critique

4ème de couverture

Connell et Marianne ont grandi dans la même ville d’Irlande. Il est le garçon en vue du lycée, elle est la solitaire un peu maladroite. Pourtant, l’étincelle se produit : le fils de la femme de ménage et l’intello hautaine connaissent ensemble leur premier amour.

Un an plus tard, alors que Marianne s’épanouit au Trinity College de Dublin, Connell s’acclimate mal à la vie universitaire.

Un jour, tout est léger, irrésistible ; le lendemain, le drame pointe et les sentiments vacillent.

Entre eux, le jeu vient tout juste de commencer.

Sally Rooney réussit le tour de force de donner une dimension unique et universelle à cette histoire. Porté par des dialogues saisissants de justesse, Normal People est un roman magistral sur la jeunesse, l’amitié, le sexe, sur les errances affectives et intellectuelles d’une génération qui n’a plus le droit de rêver, mais qui s’entête à espérer.

Traduit de l’anglais (Irlande) par Stéphane Roques.

Sally Rooney est née en 1991 en Irlande. Autrice de Conversations entre amis (L’Olivier, 2019), qui a rencontré un immense succès dans le monde entier, elle signe avec Normal People un roman phénomène, déjà adapté en série.

Il m’a fallu quelques jours pour poser des mots sur le deuxième roman de Sally Rooney, autant de jours nécessaires pour digérer et tenter de mettre en forme une quelconque réflexion. Essai.

Absence de ponctuation pour différencier les dialogues de la narration, sentiment de confusion par endroit pour voir qui parle, à qui… : les premières pages de Normal People interrogent et laissent entrevoir une lecture difficile, pas spécialement agréable. En même temps, a-t-on besoin de toujours être caressé dans le sens du poil ? La forme ne peut-elle pas s’allier au fond pour offrir aux lecteurs et lectrices que nous sommes une expérience différente ? On valide le postulat… et on plonge. 

La stupéfaction passée devant le style de Rooney, on s’immerge en effet dans son récit et on n’en sort plus. Littéralement. Réflexions, narration et dialogues au même niveau : ce « bloc » littéraire se révèle d’une force folle pour nous mettre au plus près de ces personnages, de leurs pensées, de leurs angoisses.

Angoisse, le mot est lâché. Et il irriguera chacune des 320 pages de cette étude de caractère aussi froide que passionnée, aussi incandescente qu’anxiogène. Par son écriture aussi simple d’apparence que puissante dans son écho, Sally Rooney nous livre une étude de moeurs brillante, où les dominations, qu’elles soient d’ordre social, amoureux et/ou sexuel sont plus que jamais présentes et ne cessent de guider les décisions, ne cessent de déterminer les choix de chacun et de chacune et ne cessent, in fine, de définir qui on est. 

On referme Normal People le coeur et l’âme troublés, bouleversés : je dis « on referme » et pas « on quitte ». Car on ne quitte pas un roman d’une telle force : on y repense sans cesse, on le laisse se placer en miroir de nos propres expériences et la claque s’intensifie encore. 

Et encore.

Normal People de Sally Rooney. Éditions de l’Olivier. Paru le 4 mars 2021.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions de l’Olivier

4 commentaires sur “NORMAL PEOPLE de Sally ROONEY – critique

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  1. J’ai fini hier soir. Si j’ai été happée jusqu’à la fin et que je l’ai lu très vite (2 jours), je ne peux pas dire que je partage ton enthousiasme.
    La forme m’a décontenancée. L’absence de ponctuation académique m’a beaucoup gênée, même si la surprise passée on s’y fait, ça oblige à une gymnastique pour saisir à chaque fois si on est dans du dialogue ou du récit.
    Sur le fond, je suis allée au bout pour savoir où allait les personnages, et arrivée à la dernière ligne, je n’en saurai pas plus. Du coup j’ai eu du mal à m’accrocher à eux. Je n’ai pas réussi à savoir ce que je pense d’eux, et au final ça me laisse une désagréable sensation de voyeurisme… Je vais quand même persévérer et tenter « conversations entre amis », mais je vais attendre un peu pour digérer.

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    1. Je comprends ton ressenti : il y a une étrange sensation qui se dégage de cette lecture, on ne ressort clairement pas « neutre ». C’est justement cet état d’esprit qui m’a touché et séduit mais la frontière entre agréable et, comme tu le dis, « désagréable » est fine. L’écriture de Rooney m’a marqué au point de vouloir enchaîner très vite avec son premier mais, oui, laisse peut-être un peu de temps entre les deux.
      Nb : j’ai préféré « Conversations entre amis », si ça peut te motiver un peu plus 🙂

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