LA COUR DES MIRAGES de Benjamin DIERSTEIN – critique

4ème de couverture

Un polar addictif, politique, explosif.

Juin 2012. Triomphe politique pour la gauche et gueule de bois pour la droite. Les têtes tombent. Les purges anti-sarkozystes au sein du ministère de l’Intérieur commencent. La commandante Laurence Verhaeghen quitte la DCRI et rallie la Brigade criminelle de Paris. Elle est rapidement rejointe par son ancien collègue Gabriel Prigent, hanté par la disparition de sa fille six ans plus tôt.
Pour leur retour au 36, les deux flics écopent d’une scène de crime sauvage : un ancien cadre politique a tué sa femme et son fils avant de se suicider. L’enquête débouche sur la découverte
de réseaux puissants, à mi-chemin entre l’organisation pédocriminelle, la prostitution de luxe et l’évasion fiscale. Désabusés par leurs erreurs et leurs doutes, tourmentés par leurs obsessions,
Verhaeghen et Prigent vont partir pour un voyage sans retour vers la barbarie moderne.
Dans la lignée de David Peace ou James Ellroy, une complainte noire et désespérée en forme de descente aux enfers.

***

Colère. Dégoût. Rage. Impuissance.

Les émotions nous assaillent, les mots ne sont pas assez forts pour les exprimer à leur juste valeur. On efface, on recommence : non, ça vient pas. L’impact ressenti à la lecture de La cour des mirages, on fait comment pour le partager ? Les relents bilieux s’invitent une nouvelle fois ; Benjamin Dierstein leur a ouvert les portes dès les premières pages. Et depuis, ils sont là, prêts à bondir en embuscade à chaque chapitre, à chaque paragraphe qui va nous faire toucher l’horreur, l’indicible, l’innommable.

Constamment en flux tendu dans la gestion de son récit (vous pensiez connaître l’apnée ? Vous étiez loin de la vérité), l’auteur de La sirène qui fume se tient, nous tient, sur un fil pendant près de 900 pages : envie de continuer cette enquête tentaculaire, monumentale ; une envie qui s’oppose à celle qui voudrait nous voir refermer les pages parce que la folie, le poisseux, le sordide qui imprègnent chaque ligne nous retournent, nous tabassent.

Dire « nous tabassent », ça fait un peu expression de TikTokeur qui a abandonné le Bescherelle mais quand on ressort de La cour des mirages en ayant la certitude de n’en avoir croisé aucun – de mirage – (pas d’espoir, pas de repentir, pas de soleil qui viendrait rallumer la noirceur), c’est bien le mot qui vient à l’esprit : tabassé. Palpitant dans le même état qu’après une cure de ristretto en intra, moral plus bas que terre : Dierstein a place son tiercé – sexe, argent, politique – dans l’ordre et emballé le tout dans un polar magistral de rythme, de noirceur et de style.

Ne nous reste plus qu’à ramasser les miettes d’âme qui restent sur le bas-côté.

« Âmes sensibles, s’abstenir », comme le veut justement l’expression consacrée. 

C’est même trop soft.

La cour des mirages de Benjamin Dierstein. Éditions Equinox / Les Arènes. Paru le 6 janvier 2022.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions Les Arènes

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