LA CITÉ EN FLAMMES de Don WINSLOW – critique

4ème de couverture

Le 1er tome de la nouvelle trilogie événement de Don Winslow
  État de Rhode Island, 1986.
Danny Ryan, 29 ans, est docker. Intelligent, loyal et réservé, il n’a jamais vraiment trouvé sa place au sein du clan des Irlandais qui règne sur une partie de la ville. Son rêve  : fuir loin de cet endroit où il n’a pas d’avenir.
Mais lorsque Paulie Moretti, mafieux d’une famille italienne jusque-là amie, s’affiche avec sa nouvelle conquête, Hélène de Troie des temps modernes, Danny se retrouve mêlé à une guerre sans merci à laquelle il ne peut échapper.
Il lui faudra s’imposer enfin et affronter un déchaînement de violence sans précédent pour protéger sa famille, ses amis, et la seule patrie qu’il ait jamais connue.
 
Avec La cité en flammes, Don Winslow livre le premier tome d’une trilogie magistrale, transposition des épopées antiques : la ville de Providence est Troie incendiée par les Grecs, Danny Ryan un héros homérique digne  d’Énée. Une Iliade contemporaine.

***

À la fin du livre, Don Winslow remercie Bruce Springsteen : c’est la cerise sur le gâteau. Le glaçon dans le Bushmills. J’étais déjà conquis par le livre, voilà que je pars en croisade pour le conseiller à tout le monde. J’suis comme ça, pas de demi-mesure.

Je devine déjà un « Oh » de surprise sur le visage de quelques-un(e)s : tant d’enthousiasme pour un polar qui évoque une histoire archi rabâchée par la littérature ou le cinéma US ? Est-ce que je ne me serai pas fait piéger par l’argument qui veut qu’avec ce premier opus d’une trilogie annoncée, Winslow revisite L’Illiade d’Homère de manière moderne ? Le marketing aurait-il eu raison de tout esprit critique ?

Non. Voilà, c’est dit. 

Par contre, nier que tout ce qui touche à la mafia fait battre mon petit coeur et chauffer la CB, ce serait pas honnête. J’avoue : depuis la découverte du Parrain (le livre et le film) à l’âge de 10 ans, tout ce qui touche aux gangsters, leur folklore, leur code d’honneur et/ou leur loyauté à géométrie variable, ça me met en transe. 

J’ai beau connaître les ficelles et les passages obligés, ces récits sur le pouvoir, l’avidité, la corruption et la violence qui les entoure me transportent : et là, Winslow m’a emmené avec lui dans le Rhode Island. Récit très sec, voire dépouillé par endroit, porté par une flopée de personnages forts et par une construction narrative qui a fait ses preuves, La cité en flammes régale. Coups tordus, familles unies pour mieux se briser, règlements de comptes et autres joyeusetés que l’auteur de Corruption met en scène avec la même fougue que si Scorsese en signait l’adaptation : 380 pages qui filent à l’allure d’un repenti à qui on offre une place dans le programme de protection des témoins plutôt qu’une paire de pompes en ciment, ce tome se déguste, peut-être sans surprise, mais pas sans plaisir.

Ce dernier ne manque jamais à l’appel : vif, nerveux, touchant, ambitieux… On signe pour le tome 2 sans flingue sur la tempe, impatient de voir comment va se complexifier cette tragédie intemporelle.

En attendant, on s’écoute un Springsteen ou on se mate un Scorsese ?

La cité en flammes de Don Winslow. Éditions HarperCollins. Paru le 4 mai 2022.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions HarperCollins

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