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SAMOURAÏ de Fabrice CARO – critique

4ème de couverture

« TU VEUX PAS ÉCRIRE UN ROMAN SÉRIEUX ? » a conseillé Lisa à Alan, avant de le quitter pour un universitaire spécialiste de Ronsard. Depuis, Alan cherche un sujet de « roman sérieux ». Il veut profiter de l’été qui commence pour se plonger avec la discipline d’un guerrier samouraï dans l’écriture d’un livre profond et poignant. Ça et aussi s’occuper de la piscine des voisins partis en vacances. Or bientôt l’eau du bassin se met à verdir, de drôles d’insectes appelés notonectes se multiplient à la surface…

Il y a chez Fabrice Caro une grâce douce-amère, une façon unique et désopilante de raconter l’absurde de nos vies.

***

Quand on demande à Odile Deray, dans La Cité de la peur, si elle connait le commissaire Bialès, le narrateur se lance dans un petit aparté venant présenter le flic incarné par Gérard Darmon. Aparté qui contient cette réplique que j’aime utiliser au quotidien : « Il sort 10e de l’école de police de Nice avec une moyenne de 11/20, ce qui est bien mais pas top ». Vous conviendrez qu’elle est plus facile à caser que celle parlant de whisky et de doigt.

Bref, « ce qui est bien mais pas top » : à peu près ce que je pense, au mot près, de Samouraï, le dernier roman de Fabrice Caro. J’ai pas dit Fabcaro, les diminutifs c’est juste quand il fait de la BD ou des romans-photos avec Eric Judor et les gars de Message à caractère informatif. Peut-être un « T’as la réf ? » qui ne parlera qu’aux grands trentenaires/bientôt quadragénaires (c’est mon cas. C’est pas que j’angoisse mais j’y pense. Un peu beaucoup)

On se recentre, je suis moi aussi parti sur un aparté et je n’ai pas le talent de l’auteur de Zaï Zaï Zaï Zaï pour retomber sur mes pieds : donc, on revient aux quadragénaires. Ils ont la déprime un peu cool chez Caro, un côté loser magnifique qui traîne en Converse et en jean pendant que l’esprit cherche à coller les morceaux d’une vie qui éclate en bouts… pas toujours recollables, justement. Alors, ça devient parfois absurde quand une piscine résiste au chlore ou qu’on se demande s’il y a des oiseaux qui chantent faux. C’est absurde et drôle, ça dit beaucoup sur le monde et sur celles et ceux qui aimeraient y trouver un sens, c’est baigné d’une angoisse un peu sourde sur la futilité du quotidien… mais il m’a manqué un petit truc pour que je succombe totalement. 

Cette quête dérisoire qui émule autant un Jonathan Tropper (l’excellent Livre de Joe) qu’un Jaenada touche souvent juste mais la parenthèse décalée a moins eu sur moi l’effet enchanté qu’une planche d’une BD du sieur Caro où l’axiome « plus c’est con, plus c’est bon » se vérifie à chaque nouvelle livraison.

À vous de voir ce qui…

J’interromps la retransmission : « Alors que revoilà la sous-préfète… »

Samouraï de Fabrice Caro. Éditions Gallimard. Paru le 5 mai 2022.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions Gallimard

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