UN DERNIER VERRE AVANT LA GUERRE de Dennis LEHANE – critique

4ème de couverture

Amis depuis l’enfance, Patrick Kenzie et Angela Gennaro sont détectives privés. Ils ont installé leur bureau dans le clocher d’une église de Boston. Un jour, deux sénateurs influents les engagent pour une mission apparemment simple : retrouver une femme de ménage noire qui a disparu en emportant des documents confidentiels.
Ce que Patrick et Angela vont découvrir, c’est un feu qui couve « en attendant le jet d’essence qui arrosera les braises ». En attendant la guerre des gangs, des races, des couples, des familles.
Thriller urbain, roman engagé, « Un dernier verre avant la guerre » est la première enquête du couple Kenzie-Gennaro, les héros mythiques de Dennis Lehane.

***

Un bon polar, c’est quoi ?

J’aurai eu ça comme sujet au Bac Philo, j’en aurai tartiné des copies doubles. À la place, j’ai eu « La mémoire suffit-elle à l’historien ? » (je m’en rappelais plus, je suis allé vérifier) et j’ai fini avant l’heure.

Donc, un bon polar c’est quoi ? Ou plutôt, qu’est-ce qu’on a envie d’y trouver, qu’est-ce qu’on recherche quand on se balade dans le rayon « Noir » de notre librairie préférée ? On est toutes et tous différents, il va y avoir autant de réponse que de lecteurs/trices.

Mince, je vais parler de moi. Sur Babelio, y’en a un qui m’avait dit que ça se faisait pas car ça manquait de modestie. Je lui aurai bien répondu d’aller se faire cuire le cul.

Bref, dans un polar, je veux des personnages forts, avec de la chair, du vécu : s’il y en a un qui répond un truc comme « Va te faire cuire le cul ! » (pouce levé et coeur en même temps) à un autre, je veux y croire, je veux sentir qu’il le pense. Ils sont peu nombreux les auteurs à réussir leurs dialogues, à imprimer autant une véracité qu’un style, à savoir aménager un espace pour le réalisme et le littéraire qui ne nous fasse pas lever un sourcil de circonspection : Lehane est de cette trempe. T’entends l’accent quand ses personnages parlent, il y une verve qui frappe juste et qui renforce la construction des persos.

Dans un polar, je veux aussi une intrigue qui tient la route. Oui, c’est basique mais c’est déjà pas mal quand ça s’effondre pas à la moitié ou que le final ne vient pas gâcher ce qui avait été consciencieusement bâti auparavant. Dans Dernier verre avant la guerre, pas de sortie de route : c’est simple mais carré. Ça file droit, c’est super bien construit et ce canevas solide permet justement à Lehane d’appuyer avec un talent fou l’aspect social, politique et moral de son récit.

La forme a de quoi enchanter, le fond fait déchanter : racisme, violence, perversions… Lehane n’y va pas avec le dos de la main morte mais on savait déjà (remember Mystic River ou Gone, Baby, Gone) qu’on était pas en terrain amical chez lui : ça tape fort, ça fait mal. Heureusement, le duo Kenzie/Gennaro est là pour nous aider à traverser ce champ de mines… 

Un dernier verre avant la guerre de Dennis Lehane. Éditions Rivages. Paru le 12 janvier 2001.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions Rivages

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