TENIR de Graham MOORE – critique

4ème de couverture

Bobby Nock, un professeur afro-américain, est accusé d’avoir assassiné une de ses élèves. Alors que le procès débute, personne ne doute de sa culpabilité. Mais la jeune Maya Seale persuade le jury, dont elle fait partie, de l’innocence de Nock, lequel est acquitté.
Dix ans plus tard, une chaîne de télévision décide d’adapter l’affaire en série et convoque tous les jurés dans les lieux mêmes où ils ont délibéré. De vieilles querelles et des secrets enfouis remontent à la surface et soudain, l’un des jurés est retrouvé mort… dans la chambre de Maya. Celle-ci, devenue avocate, va devoir donner le meilleur d’elle-même pour révéler une vérité trop longtemps cachée.
Racisme, défaillances du système judiciaire américain, personnages aux motivations douteuses, Tenir est un roman dérangeant, captivant, et un véritable tour de force.

***

« Objection votre honneur ! »

« L’avocat tente d’influencer le témoin ! »… 

Le genre de phrases qui fait palpiter mon petit coeur et où je ne réponds plus de rien.  Biberonné devant la petite lucarne ou le grand écran aux films et séries tel(le)s que The Practice, Murder One, The Good Wife, Des hommes d’honneur, 12 hommes en colère ou encore Présumé Innocent ; les doigts noircis par les pages des romans de John Grisham, Scott Turow ou Michael Connelly (avec son excellent avocat à la Lincoln), on va la faire courte : le thriller judiciaire, c’est ma came. 

Mais ne nous égarons pas ou on va se taper un outrage à magistrat : Tenir de Graham Moore, donc. 

Les chefs d’accusation sont là : une 4ème de couv’ qui intrigue, la promesse d’une histoire tortueuse, une plongée dans les coulisses de la justice américaine…

Un peu plus de 400 pages plus tard.

« Les jurés sont-ils parvenus à un verdict ? », demande le Juge.

On acquiesce.

« À l’accusation de Plaisir de lecture, nous déclarons l’accusé coupable » : alternant deux temporalités pour mieux créer le suspense et définir par petites touches les protagonistes, l’auteur use certes d’une recette éprouvée mais il le fait avec talent et un sens certain du retournement de situation, le tout en disséquant avec force et subtilité les méandres du système judiciaire US. En auscultant en parallèle les tensions sociales et raciales qui gangrènent le pays, Graham Moore frappe juste et évite tout manichéisme ou morale bien pensante. 

Mais…

« À l’accusation portant sur les quelques longueurs dans le récit, nous déclarons aussi l’accusé coupable » : ça manque un peu de nerf, la faute à quelques répétitions et digressions qui ralentissent le rythme, et nul doute qu’une narration un peu plus resserrée, taillée dans l’os n’aurait pas nui au propos. Bien au contraire. 

Mais ne boudons surtout pas notre plaisir : celui d’être devant un thriller judiciaire malin, retors et qui sait ménager ses surprises jusqu’aux dernières pages.

L’accusé est libre et le jury peut se retirer.

Tenir de Graham Moore. Éditions Calmann-Lévy. Paru le 13 avril 2022.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions Calmann-Lévy

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