DANS LES BRUMES DE CAPELANS d’Olivier NOREK – critique

4ème de couverture

Une île de l’Atlantique battue par les vents, le brouillard et la neige. Un flic qui a disparu depuis six ans et dont les nouvelles missions sont classées secret défense. Sa résidence surveillée, forteresse imprenable protégée par des vitres pare-balles. Une jeune femme qu’il y garde enfermée. Et le monstre qui les traque.

Dans les brumes de Capelans, la nouvelle aventure du capitaine Coste se fera à l’aveugle.

***

Parfois, les héros reviennent. Pour clore un chapitre inachevé de leur histoire ou pour ouvrir, au contraire, une nouvelle page de leur vie.

Ils peuvent revenir pour de bonnes ou de mauvaises raisons, c’est au taulier de le décider ça : l’auteur(e), quoi. 

Et dans certains retours, on sent la fatigue de ce dernier qui n’y croit pas vraiment, qui relance la machine parce que les impôts se font un peu plus pressants cette année ou que les fans se font un poil trop insistants pour voir revenir « leur héros ». Un héros qui aura par son succès échappé à son créateur et que celui-ci tente de rattraper tant bien que mal. Ces retours mi figue-mi raisin, ils existent. On les connaît.

Et puis, il y a ceux en état de grâce, ceux qui tutoient l’évidence en même temps qu’ils vouvoient l’âme de toutes et tous. Le retour d’Olivier Norek après le coup de poing Impact, le retour de Coste après le coup au coeur qu’avait représenté Surtensions relève de cette dernière catégorie : exit l’univers urbain dans lequel baignait la trilogie 93, bienvenue à Saint-Pierre-et-Miquelon pour une enquête différente, troublante, atypique et bouleversante. On savait Norek capable d’interroger notre humanité, de titiller au fer rouge nos émotions et notre être : pas remis d’Entre deux mondes ? Vous risquez bien de ne pas vous relever de la claque administrée par cette nouvelle aventure de Coste qui, en embrassant les codes du polar, du noir ou encore du thriller psychologique, fait preuve de l’éclatante vitalité de la plume d’un auteur en pleine possession de ses moyens. 

Intrigue tortueuse, personnages complexes, atmosphère littéralement palpable… Olivier Norek ouvre les failles et les contradictions de l’âme humaine, les décortique et les triture pour mieux les panser, ou du moins tenter d’y apposer un baume réparateur. Face aux horreurs vécues, comment se reconstruire, se relever et continuer ? Le peut-on ? Le veut-on ? Lorsque les barrières, psychiques et physiques (les brumes, le brouillard), tombent et que la vérité éclate, celle-ci dérange, étouffe, anéantit. Plongez dans les brumes de Capelans, laissez vous aveugler et avancez à l’instinct vers cette petite lumière, vers cette petite maison où vous attend Victor Coste. 

Où vous attend Olivier Norek, ici à son meilleur.

Dans les brumes de Capelans d’Olivier Norek. Éditions Michel Lafon. Paru le 7 avril 2022.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions Michel Lafon

2 commentaires sur “DANS LES BRUMES DE CAPELANS d’Olivier NOREK – critique

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