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LES ENFANTS ENDORMIS d’Anthony PASSERON – critique

4ème de couverture

Quarante ans après la mort de son oncle Désiré, Anthony Passeron décide d’interroger le passé familial. Évoquant l’ascension sociale de ses grands-parents devenus bouchers pendant les Trente Glorieuses, puis le fossé qui grandit entre eux et la génération de leurs enfants, il croise deux récits : celui de l’apparition du sida dans une famille de l’arrière-pays niçois – la sienne – et celui de la lutte contre la maladie dans les hôpitaux français et américains.

Dans ce roman de filiation, mêlant enquête sociologique et histoire intime, il évoque la solitude des familles à une époque où la méconnaissance du virus était totale, le déni écrasant, et la condition du malade celle d’un paria.

***

Pudique, intime et émouvante, l’écriture d’Anthony Passeron brise le silence et les secrets qui ont entouré les premières années de l’épidémie du sida et emmuré sa famille dans la douleur et la solitude.

Pudeur donc, dans le sens de la pondération, rien qui dépasse… et pourtant, ça déborde. D’émotion, de vie, de mort, de regrets, de non-dits… Toujours sur le fil, Anthony Passeron ne bascule jamais dans la mièvrerie ou le sentimentalisme : en retenue, il expose les secrets, la parole rentrée des uns et les cris non entendus des autres. 

D’un côté, une famille, la sienne, marquée par les errances d’un enfant chéri, victime d’une maladie dont on ne sait rien, dont on ne veut rien savoir parce qu’elle transporte, en plus de la mort au bout de chemin, la honte. 

De l’autre, les médecins qui tentent de comprendre l’épidémie qui se lève, qui fauche tout le monde mais leurs cris d’alarme resteront trop longtemps ignorés par une société enfermée dans une vision moralisatrice et culpabilisante. 

D’un côté, le récit de l’intime, de l’autre le récit sociologique de la recherche. 

D’un côté, l’album familial aux couleurs sépia auquel Anthony Passeron redonne à voir l’humanité et le courage, de l’autre une narration quasi journalistique pour l’aspect historique et qui fonctionne comme un compte à rebours que l’on n’a jamais réussi à arrêter à la dernière seconde, comme dans les films aux belles fins…

The night has fallen, I’m lyin’ awake

I can feel myself fading away

So receive me brother with your faithless kiss

Or will we leave each other alone like this

On the streets of Philadelphia?

Les Enfants endormis d’Anthony Passeron. Éditions Globe. Paru le 25 août 2022.

Crédits photo, 4ème de couverture et paroles de « Streets of Philadelphia » : éditions Globe, Bruce Springsteen
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4 commentaires sur “LES ENFANTS ENDORMIS d’Anthony PASSERON – critique

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