LA NUIT DE L’OGRE de Patrick BAUWEN – critique

4ème de couverture

Après une nuit de garde aux urgences, le docteur Chris Kovak prend une étudiante en stop. Celle-ci, blessée et apeurée, s’enfuit en abandonnant un sac. À l’intérieur : une tête humaine dans un bocal de formol. Dans le même temps, le lieutenant Audrey Valenti, membre de la brigade des crimes du métro, enquête sur une terrifiante agression dans un tunnel désaffecté. Qui sont ces victimes ? Quel est leur lien avec le docteur Kovak ? Entrainés dans l’univers des fraternités secrètes de médecine et des amateurs de photos post-mortem, Kovak et Valenti vont découvrir un adversaire inimaginable. Un monde où la mort est un art. Et où vous pourriez être la prochaine victime.

Un thriller hallucinant par l’auteur de L’œil de Caine (Prix des lecteurs polar du Livre de Poche 2007) et de Monster (Prix Maison de la Presse 2009).

Je pourrai vous parler des personnages qui gagnent encore en épaisseur depuis le premier volet (Le jour du chien), du rythme géré une fois de plus de main de maître, de l’intrigue oppressante et tendue… Je pourrai vous parler en effet de tout ce qui fait de La nuit de l’ogre un thriller immanquable, de ceux que l’on recommande autour de soi en mode « Je fais l’attaché de presse gratos, m’en fous, faut pas le rater ! »

Mais ce dont j’ai envie de parler en quelques lignes ici, c’est ce petit truc qui te rend accro à un auteur sans t’en rendre compte : j’avais aimé Le jour du chien mais il manquait un petit je-ne-sais-quoi pour pleinement m’enthousiasmer. En quelques pages à peine, La nuit de l’ogre a fait baisser toutes mes barrières et m’a entraîné dans un grand huit comme on en voudrait plus souvent.

Alors, c’est quoi ce truc ?

Dur de mettre le doigt dessus… il y a peut-être que l’atmosphère lugubre qui se dégage de ce second volet de la trilogie, que la toile de fond touchant aux photos post-mortem de la fin du XIXème m’ont interpellé et offert un « cadre » de lecture aussi inconfortable que captivant ; que la figure du Docteur Kovac est de celles que l’on a envie de suivre n’importe où tellement il sonne vrai et juste, tant dans ses convictions que ses blessures ; que l’intrigue se déploie avec une insolente et machiavélique aisance et que j’ai eu plusieurs fois un sourire satisfait en me disant « Ah… il m’a encore eu ! » ; que Patrick Bauwen ne confond jamais rythme et précipitation et offre toujours à ses personnages des plages de pause pour exister tout en maintenant une pression de folie…

Toutes ces qualités m’ont sauté à la figure au fur et à mesure de ma lecture, m’amenant à un inévitable : « Je vais rattraper tous les Patrick Bauwen illico ! »

Alors, c’est quoi ce truc ? Peut-être cette capacité à surprendre tout en te donnant exactement ce pourquoi tu es venu : ça peut paraître paradoxal et pourtant… Le lien qui se tisse entre un auteur et son lecteur naît dans ce talent à jouer et à déjouer les attentes, à l’embarquer dans un récit qu’il croit « confortable » car il en connaît les codes mais qui va régulièrement lui asséner quelques jolies claques et autres retournements de situation à s’en décrocher la mâchoire. Un numéro d’équilibriste que tout le monde ne maîtrise pas aussi bien que Mr Bauwen…

Vous l’aurez compris : un gros kiff ! Le fait est que je suis quand même bien embêté pour la suite : que dire alors que j’ai encore plus aimé L’heure du diable ?

La Nuit de l’ogre de Patrick Bauwen. Éditions Le Livre de Poche. Paru le 24 juin 2020.

Crédits photo et 4ème de couverture : éditions Le Livre de Poche

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